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Un mois d’absence, oui je sais, à corps et à cris j’ai été réclamée mais le temps m’a manqué. Entre le retour en cours, les partiels, la découverte du Brown Sugar et les nuits blanches qui se
sont enchaînées, je n’ai pas eu le temps de blogger. Maislà, après 4 jours à Pékin, trop fatiguée pour faire quoique ce soit, j’ai le choix entre remettre à jour le blog ou travailler (le
chinois/l’icp/japanese business environment) : procrastination oblige, je choisis le plus fun des deux. Et par la même occasion vous rassure tous, les chinois ne m’ont pas encore mangée, tuée,
lapidée : je suis en vie et toujours aussi heureuse d’être ici.
Comme cette semaine s’annonce très peu sympathique (partiel de chinois mercredi, présentation vendredi et partiel samedi) et que l’hiver nous est tombé dessus sans prévenir, je vais pouvoir
occuper mes longues soirées à raconter en long en large et en travers mon dernier mois en Chine. Vous saurez tout de mon voyage à Hong-Kong (qui a dit enfin ?), de l’île de Lantau ou l’île avec
le plus de toilettes au m2, du grand Bouddha, des merveilles de Macao, de mes soirées shanghaiennes, des masters de tennis de Shanghai, bref toutes ces choses passionnantes que j’ai jalousement
gardé pour moi pour le moment mais que par amour pour toi public je suis prête à partager. Warning : l’ordre chronologique ne sera certainement pas respecté mais who cares finalement ?
Commençons donc par la fin : pour ceux qui ont suivi, je reviens tout juste de 4 jours à Pékin. Ce fut épique, magnifique, historique. Il était évident que durant un séjour en Chine une
escale à Pékin était inévitable : c’est une ville qui concentre tellement de lieux légendaires et millénaires ! Donc nous avons profité de la première semaine sans électifs (mais avec des
partiels jusqu’à mercredi…) pour partir 4 jours.
Epique ai-je donc dit : cet adjectif se rapportait en fait à l’achat des billets de trains. Lundi matin, avec Alicia, pleines de bonne volonté, nous partons à la gare principale pour
acheter les billets pour nous 5. Pour bien vous mettre en situation, il est important de noter que dans la nuit du 31 octobre nous avons perdu bien 15°C donc lundi entre le vent et les
températures glaciaires, nous devions approcher les 4-5° sur le parvis de la gare. Cela étant dit reprenons donc le récit. Nous arrivons donc à la gare à 11h30 et partons à la recherche des
Ticket Vending Machine. Partout est écrit : « All national railway stations » donc en toute logique on fait la queue n’importe où… Erreur ! Il n’y a que 2 machines apparemment qui vendaient des
places pour les gares à plus de 3h de Shanghai (on va devoir revoir avec eux la définition de NATIONAL railway station) et évidemment on n’avait pas choisi les bonnes… Donc on retourne vers les
bonnes machines : on a le choix entre les soft sleepers et la classe Economy. Une question se pose donc : economy est-ce hard sleeper ou seat ? On part à la recherche d’un guichet (qui s’est
trouvé de l’autre côté du parvis soit à 10 minutes à pieds – rappelez-vous la température extérieure pour saisir l’importance de ce détail), puis d’un guichet où on parle anglais. Echec. On
appelle le call center : après deux tentatives infructueuses du fait de l’incompréhension totale de la tierce partie, personne n’a su nous dire à quoi correspondait la classe économique !
Heureusement, Alix a trouvé l’information sur Internet, il s’agissait de soft seats. Donc après être revenues à la machine (à 10 minutes à pieds donc), s’être battues contre un chinois qui
empiétait clairement sur notre espace vital, s’être rendues compte qu’on ne pouvait pas payer par carte bleue et qu’on n’avait pas assez de cash, être reparties chercher un distributeur (15
minutes à pied), être revenues et s’être battues à nouveau pour ne pas se faire doubler, nous avons réussi à avoir 5 places dans le train de 21h38 le mercredi soir.
Après le partiel d’ISF, nous voilà donc parties pour Pékin ! Le trajet fut long : les sièges assez confortables mais les néons sont restés allumés toute la nuit et je n’étais pas assez fatiguée
pour m’endormir en position assise.
On arrive à Pékin sans le numéro de téléphone de l’auberge avec une adresse écrite uniquement en anglais (optimistes nous étions). J’ai été un peu surprise : avec le passage des JO, on aurait pu
croire que la population et spécialement les chauffeurs de taxi auraient été habitués à l’anglais, aux gens qui prononcent mal le chinois, bref aux étrangers quoi… Et pas du tout : plus d’une
fois les taxis ont refusé de nous prendre et on a dû s’y reprendre à 2 ou 3 fois pour en trouver un qui veuille bien nous prendre, même quand on avait la carte de l’auberge avec l’adresse en
chinois ! Bref, trouver l’auberge n’a pas été easy easy, ce fut donc avec joie indicible qu’on a posé nos affaires et qu’on a pris un bon petit-déjeuner au Wangfujing Hostel avant d’aller à la
Cité Interdite.
A vue de carte, nous n’étions pas bien loin et pourtant ça nous a bien pris 45 minutes : nous étions prévenues, Pékin c’est immense, ne pas se fier à l’échelle de la carte ! En début
d’après-midi, nous arrivons donc sur Tian An Men et entrons dans la Cité Interdite. Que dire ? C’est vraiment impressionnant, magnifique, immense, les superlatifs me manquent ! Certaines parties
restaurées faisaient un peu fake mais nous ne serions pas en Chine si ce n’était pas le cas n’est-ce pas ? La valeur historique reste inchangée et c’était magique de se retrouver dans la Cité
Interdite, on en a tellement entendu parler et là on y était ! Et l’audioguide et ses anecdotes nous ont permis d’en saisir toute l’essence : les histoires de concubines qui attendaient dans leur
palais que l’empereur les choisisse pour la nuit (ou non), les jeunes filles dynamiques à balançoire, la vie fastueuse des empereurs, bref des commentaires plus ou moins intéressants (mais pour
ceux qui veulent y aller un jour je pense que l’audioguide est un bon investissement). Après avoir traversé la salle de l’harmonie suprême et la salle de l’harmonie préservée, en passant par le
palais de la pureté céleste, nous sommes sorties par la porte divine. Ces noms ont d’ailleurs donné lieu à des conversations téléphoniques délirantes : par exemple, Alix à moi « Où es-tu ? », «
Au palais de la pureté céleste, et toi ? », « Au palais de la tranquillité terrestre, j’arrive ! ». Fun fact n°1 pour l’anecdote, et pour votre culture, sachez que pendant un temps il y eut un
Starbucks Coffee au sein de la Forbidden City : la question qui demeure est comment un mec de chez Starbucks a pu se dire que c’était une bonne idée pour l’image du groupe de squatter un
patrimoine historique (ils ne représentaient sans doute pas assez le capitalisme sauvage…) et surtout comment à un moment de l’histoire du parti communiste un fonctionnaire chinois a pu accepter
que Starbucks s’installe au cœur d’un symbole tel que la Cité Interdite ? Mode culture off, je vous laisse méditer là-dessus (je tiens à travers ce blog à vous apporter culture et réflexion,
c’est important).
Le soir, claquées, nous sommes restées à l’auberge : après avoir tenté pendant un quart d’heure Transformers 2, nous sommes allées nous écraser dans les lits en prévision de la journée du
lendemain (rando de 10 km sur la muraille de Chine). Le départ était prévu à 6h15 parce que le tronçon où nous allions (Jinshalang-Simatai) était à 3h de route de Pékin. On passait en fait par
plusieurs auberges pour prendre d’autres voyageurs : à un moment est rentré un vieil expat qui était avec une chinoise qui avait à peine 18 ans je pense, c’était bien crade. En tout cas, après 3h
de trajet où j’ai peu dormi finalement (la guide n’arrêtait pas de me réveiller pour payer des tickets, prendre des sandwiches, ou tous ces détails qui auraient pu être réglés si vite en une fois
si elle avait été un peu organisée… mais n’en demandons pas trop non plus…), nous arrivâmes à la grande muraille de Chine la fameuse, l’unique et qui, fun fact n°2 pour votre culture toujours,
contrairement aux idées reçues n’est pas visible depuis l’espace. C’était majestueux ! Une marche de 4h le long de la muraille, parfois pour monter dans les tours les escaliers étaient assez
escarpés mais ça valait la peine, la vue était à couper le souffle ! Sur la fin, on a dû se dépêcher un peu parce que la guide était désespérée et pensait qu’on n’aurait pas le temps de tout
faire. A la fin, on a traversé un pont suspendu pour arriver à Simatai, c’était moins indiana-jonesque que ce qu’on pensait mais ça a été compensé par la tyrolienne qui nous a ramené en bas du
mur !
Le soir, nous sommes allées manger dans des stands alignés le long d’une rue (dont j’ai oublié le nom) où ils vendaient différents plats chinois plus ou moins exotiques : des dumplings aux
brochettes en passant par des scorpions et du serpent. J’avoue avoir été frileuse et être restée aux classiques mais Alicia et Alix ont tenté le criquet (pas de goût), le scorpion (bon), le
serpent (bon mais texture désagréable) et le chien (très bon) – NDLR : ce sont les avis des intéressées je décline toute responsabilité si quelqu’un s’y tente un jour et ne s’y retrouve pas.
Ensuite, nous sommes allées dans un bar chinois autour d’un lac, dans un coin appelé Houhai. Devant il y avait pleins de chinois dansant en couple ou jouant avec un schmilblick à plumes (très
technique d’ailleurs comme jeu). Apparemment c’est LE coin où sortir à Pékin, vraiment joli mais un peu cher (en tout cas dans le bar où nous étions).
Samedi, visite du palais d’été : si le parc et les bâtiments sont très beaux c’est vrai, il s’agit d’un palais d’été et comme son nom l’indique, il vaut mieux le visiter par beau temps. Au-dessus
du lac, il y avait tellement de brume que l’on ne voyait pas de l’autre côté et la vue d’en-haut était gâchée. Qui plus est, étant samedi, il y avait une horde de touristes chinois qui nous
empêchaient d’en profiter vraiment. En plus, après 2 jours de marche intensive (mine de rien c’est de la marche Pékin, Cité Interdite, Grande Muraille), on était bien fatiguées. D’ailleurs, fun
fact n°3, nous avons traversé le plus long couloir de Chine: la galerie couverte du Palais d’été où jadis l’impératrice faisait sa marche digestive après son petit déjeuner sur 728 m, c’est vous
dire si on a marché ! Pour nous ressourcer, le soir, nous sommes allées dans un restaurant chinois où nous avons mangé un canard laqué de la mort qui tue. Heureusement, juste avant nous avions pu
faire un peu de sport dans un square chinois : il y a beaucoup de parcs où il y a des petites installations sportives (elliptiques, steppers, etc..) et en attendant le cousin d’Alix, on a profité
d’un parc pour se poser et essayer 2 ou 3 installations (avec des Uggs je mesure 1m67 pour ceux que ça intéresse merci le mètre du parc de Beixingqiao !).
La dernière journée fut tout bonnement parfaite mais très longue. Elle a commencé à 5h ! Et pour cause, avec Alicia, nous voulions voir la levée de drapeau sur Tian An Men donc on a demandé à
l’auberge à quelle heure c’était : à moi on avait dit 6h51, et à Alix et Alicia 5h48. L’info ayant été répétée 2 fois, nous y sommes allées pour 5H48. Le fait qu’il fasse encore nuit noire à 5h30
aurait dû nous mettre la puce à l’oreille mais nous étions levées de toute manière… L’avantage, c’est qu’on a pu voir cette fameuse place sans tous les touristes, qu’on a pu avoir des photos de
l’entrée de la Cité interdite sans la foule permanente en journée et surtout qu’on a vu la relève de la garde et la petite choré qu’ils effectuent au moment de la relève. Petit à petit, la place
s’est remplie de soldats (après 4 jours à Pékin, j’étais toujours choquée par l’omniprésence de l’armée, autant à Shanghai on peut oublier parfois le régime, à Pékin, on ne peut pas ça s’est
sûr), puis de civils qui devaient attendre depuis des heures de l’autre côté de la place (il y en avait bien une centaine). Vers 6h40 (soit une heure après notre arrivée…), on nous dégage
soigneusement sur les côtés pour que le drapeau qui est apporté depuis l’intérieur de la cité interdite puisse passer sans encombres. Enfin sur l’air de l’hymne national, à 6h51, le drapeau était
en haut. De voir toute la mise en place, le travail et les hommes mobilisés tous les jours pour le lever de drapeau, ça impressionne quand même : parmi tous les chinois autour de nous, combien
vivaient l’accomplissement de toute une vie et reviendraient dans leur village photo à l’appui pour en attester, je l’ai vu ce drapeau se hisser sur Tian An Men, Mao peut être fier de moi !
Ensuite, 3 cafés, 30 minutes de sommeil dans le café de l’auberge et nous partîmes pour un dimanche comme les autres à Beijing. Après un tour au Temple du Ciel (fun fact n°4 : le plus grand
temple dédié au Ciel au monde – que ne ferais-je pas pour vous apporter un peu de culture ?), nous avons rejoint des amis d’Aude et fait un tour à vélo dans les hutongs. Le vélo à Pékin c’est le
paradis : il y a pleins de grandes avenues, des pistes cyclables sont aménagées partout. En plus, il ne faisait pas trop froid. Nous nous sommes d’abord dirigés vers le marché des antiquaires
(qui fait vraiment attrape-touristes mais le trajet en valait la peine, on a pu voir des hutongs restaurés, mais joliment restaurés pour le coup et des vieux hutongs) puis nous sommes passés
entre la tour du tambour et la tour de la cloche (il y a une très belle histoire sur la tour du tambour (il ne reste plus qu’un tambour à ce jour) mais pour votre apprentissage je pense qu’il est
mieux que vous fassiez la démarche de rechercher cette info par vous-mêmes) pour finir dans des petites rues où il y avait pleins de bars et de petits restaurants où nous avons dégusté des
gaufres au chocolat, des caïpirinha (à 17h…) et des tapas. Et même qu’on est passé près de la casa de Hu Jintao qui donne sur un joli cours d’eau, l’homme ne s’est pas choisit le spot le plus
dégueu c’est le moins que l’on puisse dire.
Ce fut une façon très sympa de finir ce séjour à Pékin : comme nous étions guidés par des connaisseurs de la ville, nous avons pu voir un côté de Pékin différent des hauts lieux touristiques que
nous avions visités au début (touristiques certes mais incontournables, je suis bien d’accord !). C’est donc un peu triste que j’ai quitté Pékin, j’aurais bien continué la visite pendant quelques
temps, il y a tellement de choses à voir ! Mais je suis bien contente de vivre à Shanghai. Après évidemment, je n’ai pas fait l’expérience de la vie à Pékin, mais de ce que j’en ai vu et des
échos que j’ai eus je crois effectivement que Shanghai me correspond mieux.
Demain (ou bientôt du moins) je vous conterai l’histoire de mon périple à Hong-Kong et mon amour pour Victoria Peak et surtout j’uploaderais les photos de la grande muraille (il y en a près de
400 j’ai pas le courage de les trier …). Pour le moment, je vais me reposer : ça m’a assez fatigué d’avoir enchaîné nuit dans le train (en soft seat certes mais en seat quand même !)
et une journée entière de cours.
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