Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /Jan /2010 12:15

 
A peine remise du retour dans l’ère glaciaire, je fais un tour sur mon petit blog adoré mais délaissé et m’aperçois que le dernier post date du 10 novembre de l’année dernière !! Je hurle au scandale et m’insurge (quoique je remarque aussi que sans nouvelles de moi pendant 2 mois, vous ne vous êtes pas inquiétés outre mesure, j’en prends note et saurai réutiliser cette triste information au moment opportun). Mais en y regardant de plus près, je me remémore ces 2 derniers mois d’absence bloggiennes et je dois avouer que le temps m’a manqué et que plutôt que de revivre des instants passés en les décrivant dans un post, j’ai préféré profiter de chacun de mes derniers moments à Shanghai (oui oui, dès le mois de novembre, ça passe vite on ne se rend pas compte !). Et qu’est-ce que j’ai eu raison !
Mais, me revoilà en France, découragée à l’idée de sortir par la neige (et par la totale non-efficacité des Uggs sur les trottoirs enneigés), et je me dis que je ne peux fermer la page Shanghai sur ce blog comme ça, comme une voleuse. Un post est nécessaire, maintenant, tout de suite, tant que je me rappelle encore de l’atmosphère et de tous ces petits détails du quotidien, pour revenir encore un peu à Shanghai et revivre ces 4 mois inoubliables. Je préviens ce sera un post long, très long mais pour toi public et  pour toi uniquement, j’ai geeké comme jamais pour réussir à insérer une playlist dans ce post et accompagner ta lecture de la BO de ces 4 mois à Shanghai (oui, je sais, je suis un être merveilleux et attentionné).

MusicPlaylist
Music Playlist at MixPod.com

Depuis que je suis revenue, la question prégnante est évidemment « Alors, comment c’était Shanghai ? ». Et moi de répondre : « C’était FOU, ENORME, GRAND, MAGNIFIQUE, MAGIQUE, INOUBLIABLE, EXTRAORDINAIRE, COLOSSAL, PHENOMENAL, INDESCRIPTIBLE … ». Et encore, je suis en dessous de la réalité, en 3 mots et 10 minutes, c’est impossible de retranscrire ce qu’ont été ces 4 mois à Shanghai.

Shanghai, c’était d’abord l’installation et l’adaptation. Je me rappelle les premières semaines, entre les galères d’appart, de téléphone, la chaleur étouffante, l’impression de petitesse au milieu de cette ville aux dimensions titanesques avoir pensé que je ne m’attacherais pas à cette ville beaucoup trop impersonnelle.

Shanghai, on y allait pour des cours à la base,  je tiens à le rappeler à votre bon souvenir. 80 EMliens et 16 chinois réunis sur le campus de Huadong Shida pendant 16 semaines sous la houlette de Ian TOvey et son fidèle assistant Scottie. De ce côté, je dois dire que ce fut un total échec : organisation lamentable, cours plutôt médiocres, aucune liberté aux étudiants (j’ai cru lire dans un mail avant d’arriver : on vous laissera du temps pour voyager et voir du pays, je l’attends encore ce temps…). Dire que l’objectif est d’envoyer tos les étudiants de l’Em là-bas, il va falloir manager un peu mieux que ça pour les entrepreneurs for the world ! Non, je ne suis pas dure : je pense juste que ne pas être capable de donner un emploi du temps précis des partiels, ne pas être capable de prévoir une salle pour 40 quand on sait qu’il y a 40 inscrits, envoyer les étudiants dans des salles non chauffées en plein hiver, et j’en oublie, c’est un peu limite quand on est la 4e session d’étudiants à venir. Je veux bien que le campus se mette en place mais à un moment, il y a quand même un minimum à assurer.  Cependant, je remercie l’Em Shanghai de m’avoir permise d’utiliser une fois dans ma scolarité la Xiexie machine (où il fallait pointer avec son empreinte pour attester de sa présence). Mais, que de joie et de félicité quand à midi, nous pouvions aller déjeuner à volonté au Renaissance pour 50 kuais, déjeuner pour 10 kuais au niveau de la front gate ou manger le chicken curry du resto d’à côté sur l’herbe. Et je ne vous parle pas de l’immense jouissance à 17h, en sortant en croisant notre fidèle vendeur de madeleines (je ne sais toujours pas ce que c’est exactement mais qu’est-ce que c’était bon !).

Shanghai, c’était le bonheur de la bonne bouffe des rues : les caibao à 1 kuai que l’on retrouvait partout, les noodles de Zhongtan Lu en bas de chez Camille et Alix qui ont justifié pas mal de soirées dvds dans le grand nord de Shanghai et même une nuit passée chez Alix après un M2 difficile(ce sont les meilleures de Shanghai, je le dis  et le répète haut et fort), noodles d’ailleurs qu’on remerciait le ciel de trouver en pleine soirée près du M1nt ou du Logo, à défaut des « trucs de riz » (impossible de me rappeler le nom exacte de ce triangle de riz au crabe ou au thon emballé dans une feuille d’algues) que l’on prenait au Lawson avant le Mao, les galettes aux petites herbes et aux œufs, les kebabs à la chinoise, les « crêpes salées », le tout non épicé de préférence pour moi. Pour moins d’un euro, on pouvait vraiment bien manger.

A côté de ça, quand l’urgence d’un resto quali se faisait sentir, on se craquait dans un « Bali Laguna », restaurant indonésien au milieu de Jing’An Park vraiment très beau et en plus très bon et aux toilettes très pratique pour se remaquiller à 4 avant de repartir, dans un Wagas (à livrer ou à Jing’An), dans un petit restaurant italien sur Dagu Lu où ils t’offrent de la liqueur de citron en fin de repas, une soirée dans un restaurant ouïgour qui nous a ravis par le charme incontestable de la moustache sur l’homme  ouïgour et surtout par ses bananes et pommes caramélisées en dessert qui ont convaincus toute la tablée (Michal, le coloc slovaque de Wudai et Pei Xiao Lu, et sa chemise affreuse y compris),  au Nepali’s Kitchen où on mange assis par terre, pieds nus, calés contre le radiateur des plats népalais (qui ressemble beaucoup à la nourriture indienne finalement..). Quand on a eu envie d’un plat familier, nous sommes allées en Bretagne sur Taojiang Lu où la Crêperie dans son cadre 100% authentique (et le propriétaire breton, M. Ricard –true story- insiste dessus, je peux vous l’assurer, on l’a interrogé dans le cadre d’un cours –oui oui, j’ai vraiment travaillé à Shanghai, et dans des conditions terribles en plus, un deuxième dîner à la Crêperie). Et quand le partiel de « Japanese business environment » nous avait achevé, dans cette salle glaciale, après un vendredi soir gâché par les révisions, nous nous sommes  réconfortées au Whisk’s autour d’un bon vrai chocolat chaud qui s’est transformé en dîner.

Finalement, en y regardant de près, ça ne fait pas tant de dîners au restaurant que ça en 16 semaines. Par contre, ce que nous ne voulions pas manquer, c‘était le brunch du dimanche. Même si on ne dormait que 4h après être rentrées tard, nous voulions notre brunch pour nous remettre d’aplomb après un week-end (voire une semaine) riche en sorties et en événements. Après une fidélité aveugle au Sasha’s pendant bien 3 semaines, nous avons bousculé les habitudes et organiser un brunch sauvage au Deli&Bakery voisin. Malgré nos velléités de warriorisme, nous avons dû nous rendre à l’évidence au mois d’octobr : c’est dur d’enchainer le Mao qui finit à 7h et un brunch. Après un brunch au Vargas Grill au début du mois d’octobre, petite traversée d’un no man’s land sans brunch (vous êtes scandalisés ? Moi aussi !). Mais c’était sans compter la découverte du Boxha Café de Xinzha Lu et de sa formule à 60 kuais (pasta, soupe, salade, œufs sur plats, toast, café) qui nous a réunies plus d’une fois dès le mois de novembre que ce soit le dimanche  ou en semaine. Il nous aura accueillies pendant des après-midi entières, alors que mourant de froid et de fatigue, nous essayions de travailler l’In-Company Project. Nous avons rapidement repris le rythme : ne tenant pas compte de l’échec du brunch du Bed (le faux bon plan : le concept était canon, à savoir un late brunch qui commencerait à 16h, soit la formule parfaite quand on est partis du Dragon à 8h30 le matin même… sauf que l’établissement était fermé et ce n’était mentionné nulle part dans la bible smartshanghai » qui s’est terminé au Cotton autour d’un hamburger qui a tenu lieu de brunch-supper, nous avons tenté différents lieux. Un tour à L’Urbn hotel, un hôtel-développement durable au cœur de Jing’An, pour son restaurant le Room 28 : même si la nourritue n’était pas extraordinaire, le cadre compensait largement et même qu’on a pu visiter une chambre et profiter de la douche aussi grande que ma chambre à Paris (pas la salle de bains, la douche toute seule !), le lit au milieu de la pièce (pas de la salle de  bain on s’entend) et l’immense baie vitrée. Nous derniers brunch, on les a choisis avec vue : le New Heights et le Jean Georges, sur le Bund avec vue imprenable sur Pudong où j’ai mangé les meilleurs crumbles aux pommes de ma vie.

Tant qu’on parle de nourriture, je ne peux pas ne pas mentionner Best Noodles, ma cuisine, ma cantine qui a livré tellement souvent à la maison qu’avec Antoine, à peine on commençait à dire notre adresse, ils finissaient de la dire pour nous… Pourtant, j’ai jamais eu d sticks de mozza en rab, pas très au point le système de fidélisation du client ! Et surtout, je finis par  le meilleur, celui qui m’a marqué et qui me manque à chaque instant : le cheesecake de chez Paul. Trouver un Paul au détour du chemin entre le Brown Sugar et la suite des événements le mercredi soir est déjà une joie en soi, mais en plus, quand j’ai goûté leur cheesecake la première fois, j’ai su. J’ai su qu’il y avait un avant et un après Cheesecake de chez Paul (oui oui, une majuscule, et alors ?) : pour décrire ce que j’ai connu, une seule expression me vient à l’esprit « orgasme gustatif » au bas mot, c’est ça.

Shanghai, c’était aussi le piège du shopping. Le piège d’habiter à People’s Square c’est que dès que tu sors du métro, tu es tout de suite sollicitée : des bijoux en veux-tu en voilà, des écharpes, des bonnets, des robes quand tu as le courage de déblayer un peu (ô toutes les fois où le métro m’a sauvé en me fournissant une robe  quand je n’avais rien à me mettre), des gants et à peu près tout ce dont tu peux avoir besoin en fait. Déjà au quotidien, je devais résister à l’appel des stands. En plus, à 5 minutes, le plus gros traquenard shopping possible m’appelait régulièrement : le Fake Market ! Au début, pris dans l’euphorie, tu ne te rends même pas compte que c’est le 3e faux sac que tu achètes de la semaine, que tu as déjà 1 paire de Converse à la maison (achetées 2 semaines avant) et que des Uggs peut-être pas la peine d’en avoir de toutes les couleurs. L’effet de surprise ayant disparu, je n’ai pas pu me réfréner au niveau des DVDs par contre. J’avais développé une technique aguerrie : les séries au Fake chez mon ami Kevin (avis à ceux qui y vont, il est au 3e étage et il est presque honnête, en tout cas c’est les meilleurs prix que j’ai trouvé pour de la bonne qualité à Shanghai) et les films à Dagu Lu, qui a souffert d’une petite razzia à la fin du séjour. C’est tout ? Oh que non, ce serait trop facile ! Une excursion à Qipu Lu, qui demande sortie en équipée pour se soutenir mutuellement et expertise pour trouver les pièces sympa, est toujours de mise de temps en temps pour trouver des basiques pas cher. Seul hic, ça ferme beaucoup trop tôt ! 17h30, plus personne… au pays où les magasins ferment à 22h et sont ouverts le dimanche, je ne comprends toujours pas cette anomalie. Et enfin, the last but not least, le Fabrik Market a fait plus d’un heureux et a même eu le droit d’être célébré au Closing Dinner du programme. Je l’ai déjà dit et redit, les prix étaient fous ! Après des débuts un peu irréfreinés, je me suis bien calmée et n’ai peut-être pas assez profité de cette ressource, mais on ne peut pas être partout !

On peut dire ce qu’on veut, je suis d’avis que pour prendre pleine conscience du dynamise de Shanghai,  il faut vivre tout ça, découvrir la nourriture dans les bouis bouis de rue et profiter des restos qualis, faire du shopping à des prix défiants  toute concurrence (à condition de maîtriser le « Tai gui le », akas « c’est trop cher ! »), la découverte culturelle avec la Shanghai Museum, le Yuyuan Garden et l’ancienne ville (complètement restaurée à la chinoise, c’est-à-dire respirant le fake), le quartier juif de Shanghai, Pudong et sa Pearl Tower, mais c’est aussi vivre Shanghai la nuit, ses bars, ses clubs, la vue sur la ville, ses  expats qui trainent au Bar Rouge à la recherche de la petite chinoise qu’ils réussiront à impressionner, les chinois qui jouent aux  dés, les C-Store ouverts toute la nuit... Shanghai, c’était ça aussi l

On est vite entrées dans le rythme de la nightlife  Shanghaienne, même s’il faut être honnête, on y est allées crescendo. Au début, c’était le déflorage de tous ces endroits aujourd’hui si familiers : certains n’ont pas passé le baptême du feu et d’autres sont devenus des incontournables. On a commencé fort avec une première soirée au Vue Bar, à nous ébahir de la vue (il est quand même bien nommé ce bar…) et à imaginer ce que pourraient être les prochaines soirées.

Au départ, besoin de repères oblige, on a gardé certains piliers dans la semaine. Le lundi, c’était le Zapata’s et sa citronnade frappé qu’ils voulaient faire passer pour de la margarita (merci les instants tequila) qui a duré tant  que la température extérieure nous a permis de profiter du jardin qui était vraiment très beau. Le mercredi, c’était Barbarossa et Logo : programme  bien rodé pour boire gratuitement des bons cocktails (qui se sont dégradés) avant d’aller profiter de la soirée Yellow du mercredi au Logo. Si le coup de foudre a été immédiat, après quelques semaines la relation s’est dégradées : nous restions fidèles et revenions malgré quelques déceptions mais pas d’efforts en face, cocktails de moins en moins bon, terrasse fermée, bar de moins en moins plein, on a laissé la situation pourrir faute de communication et il a fallut tourner la page. Le rebound n’a pas été facile. Nous avons immédiatement été conquises par le Brown Sugar, club jazzy dans Xintiandi avec open champagne for the sexy ladies le mercredi,  son groupe (et surtout son chanteur venu de Las Vegas si la légende est vraie et qui nous charmait avec des mélodies jazz comme on les aime) et sa distribution de roses. Le début de soirée était donc assuré mais quid de l’après ? Refusant la réalité de la situation, nous avons plus d’une fois retenté le Logo, voire le Bar Rouge, mais il a fallu se rendre à l’évidence, la belle ère de nos premières amours été finie. Il fallait trouver autre chose. Le G-Plus a été notre rebound club : ça ne pouvait être qu’un one shot, le vestiaire était trop long, la musique pas bonne mais les verres pas chers donc pouvaient faire l’affaire pour une heure. Et là, nous avons eu le déclic, le M2 le mercredi soir après le Brown Sugar, on a essayé, on ne l’a plus quitté jusqu’à la fin. Il ne nous a jamais déçues et s’il n’y avait la distance, notre relation avait un bel avenir, j’en suis sûre. Par contre, pour la partie 1, nous avons commis une petite infidélité au « Brown Sugar » en allant quelque fois au Décapsuleur, la plus haute tour de Shanghai akas le World Financial Center : la formule était la même, free champagne, roses et jazz mais nous nous sommes laissées attirer par l’idée de grimper au 7e ciel (au 92e étage on devait plus être très loin) et avons été séduites par les toilettes chauffantes et  vibrantes. Mais au final, alors que le Music Room (le bar du décapsuleur) se remplissait chaque semaine de plus en plus et perdait son avantage principal (à savoir la failité d’accès au champagne) nous sommes revenues vers notre bien-aimé « Brown Sugar » qui ne nous a jamais déçues (à part peut-être ce champagne rosé dégueulasse qu’ils ont osé nous servir un mercredi…).

Le vendredi et le samedi, on a pris notre temps avant de prendre nos marques et nos bonnes habitudes. Nous avons tenté plusieurs combinaisons plus ou moins fructueuses : un gros vendredi soir qui finissait en Macdo sur Nanjing dong Lu suivi d’un petit samedi soir qui finissait tôt (4h), un petit vendredi soir (pour cause de partiels le lendemain ou pour cause de grosse fatigue dû au marathon de la semaine passée) et un gros samedi soir, et même, vous vous en doutez, la formule gros vendredi soir et gros samedi soir.  

Au début, on s’organisait un minimum, le but étant de voir le plus d’endroits possibles. Donc on s’arrangeait pour commencer par un apéro chez les uns ou les autres avant de clubber dans des endroits les plus variables possibles. C’est ainsi qu’en un mois, on a découvert le Skyclub, le Muse 1, le Shelter, le Sin, le L18, le M1nt, le Mao, le Dragon, le Zeal,  le Dada, le Gplus, le Penthouse, le Babyface, le Not me, le Soho, le Park 97.

La découverte de ces endroits nous a ensuite permis de choisir en connaissance de cause où nous allions passer nos futures soirées. La phase d’observation est importante pour pouvoir juger en connaissance de cause et prendre des décisions justes (oui nous clubbions por la science !). C’est comme ça que mi-octobre, nous savions déjà que les soirées Sos-Expat sons TOUJOURS des échecs : entre le Zeal où le DJ moisi ne cessait de répéter aux poufs clairement pas assez habillées de move their ass et aux  mecs qui savouraient le spectacle de put their hands up, et le Penthouse où on n’a même pas pu entrer tellement c’était plein, on a compris que les soirées SOS-expats c’était MEI YOU.

Le Bar Rouge,  ce n’était pas envisageable non plus, en tout cas pas à trop haute dose, étant donné la population (vieux expats venus serrés de la chinoise, très peu pour moi merci). Mais, on revenait tout de même avec plaisir pour des soirées spéciales comme la French Décadence et Joachim Garraud : l’endroit est loin d’être dégueu, la vue est imprenable et les strawberry mojitos toujours inégalés dans mon cœur.

Alors qu’est-ce que ça a donné cette phase d’observation ? Au final, nous sommes revenues très régulièrement au Soho pour son open bar à 60 kuais et les spectacles kitsch, au Muse 1 pour ses 10 boissons à 100 kuais , la chanteuse rousse aux bottes à fourrures rose fluo et le beatbox man qui cassait l’ambiance tous les samedis soirs, au M1nt pour sa terrasse de folie, ses pina colada de malade et la musique bien marrante.

Mais surtout, s’il y a un endroit qui mérite un paragraphe entier, c’est évidemment le MAO. Autant on est allées souvent dans certaines boîtes, autant le MAO c’était devenu un point de ralliement. Peu importe comment commençait la soirée, peu importe où nous allions, peu importe si on se séparait à un moment de la soirée, nous savions une chose avec certitude, on finirait au Mao. Le Mao, c’est cette boîte près de Hengshan Lu/Dong ping Lu (zuo guai shifu), dont on a jamais connu l’adresse exacte mais où on pouvait aller les yeux fermés (à part du Soho qui est en fait à 5 minutes, ya un piège, on peut se perdre si on ne prend pas le plus simple!). On arrivait devant le Lawson’s, un convenience store ouvert évidemment toute la nuit, qui nous permettait de faire un arrêt nourriture pour reprendre un peu des forces avant de repartir. Ce qui est magique avec le Mao, c’est qu’on n’arrive pas avant 4h-4h30 du matin, et la soirée recommence complètement : tous ceux qui ne veulent pas finir leur soirée trop tôt continuent d’arriver jusqu’à 6h-6h30. Quand on a siroté le mojito traditionnel, on va supplier les videurs de nous laisser monter sur le podium pour pouvoir danser  en surplombant le bar et la piste. Quand on a un coup de barre, on se pose sur une des banquettes en mezzanine ou on va prendre l’air dans le jardin derrière. Je  suis incapable de vous citer un seul titre qui passait au Mao, mais la musique était bonne, les gens sympas et l’ambiance toujours au rendez-vous. Certaines soirées se sont lancées comme ça à 3 du mat en arrivant au Mao. « Something is always happening at Mao », c’est pas moi qui le dis, c’est Smartshanghai.

Alors, c’était comment Shanghai? C’était tout ça et tellement d’autres choses:

-          7 téléphones perdus : le record  me revenant mais la palme de la perte la plus drôle revient à Wumini (« bah, il est sur le sol du Mao, je peux le récupérer plus tard, il tommbera pas plus bas »)

-          2 portefeuilles volés, dont le mien c’est vrai mais la palme de la gestion de la perte revient à Pei Xiao Lu (« personne ne sort du Mao, on fouille tout le monde »)

-          Les conversations skype en rentrant de  soirées pour se raconter les 5 minutes de taxi depuis qu’on s’est quittées

-          Les manucures à 2 euros à people’s square

-          Aller voir une daube comme 2012 au cinéma juste parce qu’aller au cinéma me manquait

-          Loser un après-midi devant « La nuit du musée » un jour de pluie parce que dehors temps était hostile et finalement rester jusqu’à 23h avec un MacDo Delivery

-          Vouloir regarder « La nuit du musée 2 » le lendemain mais finalement pique-niquer à Renmin Park parce que le temps était radieux et finir au MOCA à jouer dans une œuvre d’art (une pièce remplie de plumes blanches) comme des gamines et semer des plumes partout sur notre passage, et ce jusqu’au partiel d’anglais à ECNU

-          Arriver dans un restaurant chinois à 22h, alors que tous les chinois ont fini de diner depuis 3h à peu près, et garder le resto ouvrt jusqu’à minuit, finir au Soho et se faire dégager par les videurs parce qu’on partageait un bracelet open bar à plusieurs.

-          Hurler « Wo ai ni » (je t’aime) aux chauffeurs de taxi parce que c’est tout ce dont on se rappelait de nos cours de chinois

-          Geeker comme des malades pour trouver le proxy qui marche pour avoir facebook

-          Voir des groupes de rock chinois au Yinyuang

-          Créer le concept d’apéro-vin-dumplings pour un vendredi soir de trop grosse fatigue

-          Voir une mariée se faire photographier en robe bustier en plein hiver sur fond de Pudong

-          Essayer de garder des tortues offertes à Pei Xiao Lu pour son anniversaire en vie au Bar Rouge

-          Croiser Haibao (la mascotte de l’expo universelle) et toute sa famille tous les jours dans le métro à People’s Square sous le décompte des jours jusqu’à la cérémonie d’ouverture

-          Voir un magasin changer du tout au tout en une nuit en bas de chez toi

-          Le sourire en coin de mon gardien d’immeuble chaque fois que je rentrais à des heures indues

-          Ce dernier samedi soir magique, qui avait commencé par un échec Velvet, un échec Mesa, une sieste à l’Anar mais qui a fini par être une des meilleures soirées shanghaiennes (et c’est pas rien de le dire)

-          Et tellement de choses que je commence déjà à oublier…

 Pendant 4 mois, cette ville aux dimensions titanesques et à l’ambition dévorante, c’était ma maison, et j’ai adoré ça.

Xiexie ni Shanghai, et à bientôt !

Par MaevaZara
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